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Trousse d’outils de défense des droits - Équipes médicales d’urgence

Renseignements clés pour aider les inhalothérapeutes à justifier l’inclusion à part entière de la profession dans toutes les équipes médicales d’urgence

Information destinée à :

  • rehausser le degré de sensibilisation face à l’amélioration potentielle du niveau actuel d’inclusion et de participation des inhalothérapeutes aux équipes médicales d’urgence
  • appuyer les inhalothérapeutes dans la défense et la promotion de la participation et de l’inclusion complète de leur profession aux équipes médicales d’urgence.

Objectifs

Alerter les inhalothérapeutes travaillant en milieu hospitalier à la possibilité que leur hôpital puisse constituer une équipe médicale d’urgence sans l’intervention ou la participation des inhalothérapeutes.

Fournir aux inhalothérapeutes des ressources et de l’information pour les aider à défendre la participation des inhalothérapeutes dans tous les aspects des équipes médicales d’urgence.

Contexte

Les équipes médicales d’urgence (EMU), aussi connues sous différentes autres appellations, par exemple équipe d’intervention en soins intensifs ou équipe d’évaluation rapide des événements critiques – sont des équipes interdisciplinaires formées de praticiens ayant une expertise dans la prestation de soins aux patients gravement malades en situation de pré-arrêt cardiaque. Pour les fins de ce document, la Société canadienne des thérapeutes respiratoires appelle toutes ces équipes des équipes médicales d’urgence (EMU).

De nombreuses études ont été conduites afin de reconnaître la détérioration rapide de l’état de santé des patients en milieu hospitalier. L’Institute for Healthcare Improvement (IHI) des États-Unis et la campagne Soins de santé plus sécuritaires maintenant! du Canada ont examiné bon nombre de ces études pour l’élaboration de leurs stratégies d’intervention pour les équipes d’intervention rapide (EIR) (on trouvera plus d’information sur ces stratégies à www.saferhealthcarenow.ca et à www.ihi.org). Selon les renseignements recueillis par SSPSM et l’IHI, la mise en œuvre des EMU peut entraîner une diminution de la mortalité associée aux arrêts cardiaques et aux admissions en USI dans les hôpitaux.

Pour la SCTR, la mise en place des EMU constitue une évolution positive dans les soins de santé au Canada pour ses membres, pour l’ensemble des inhalothérapeutes en général et pour le public. La Société appuie donc la mise en œuvre des EMU. Cependant, la SCTR constate que plusieurs provinces accordent des fonds aux hôpitaux pour la constitution d’EMU mais que tous les hôpitaux ne structurent pas ces équipes selon les lignes directrices proposées par SSPSM et l’IHI. Certaines de ces autres structures n’incluent pas les inhalothérapeutes.

Données pertinentes

  • Les études visant à détecter les facteurs clés associés aux patients en pré-arrêt cardiaque soulignent de façon constante certaines formes de détérioration de la fonction respiratoire parmi les indicateurs clés. L’une des études conclut que la détérioration de la fonction respiratoire est le meilleur facteur de l’identification des groupes à haut risque.

  • 70 % (45/64) des patients montrent des signes de détérioration de la fonction respiratoire dans les huit heures précédant l’arrêt.

  • Les inhalothérapeutes sont formés pour évaluer, contrôler et traiter les patients susceptibles de manifester une détérioration de la fonction respiratoire.

  • Les inhalothérapeutes reçoivent une formation spéciale pour le traitement de l‘insuffisance respiratoire au moyen de différentes modalités pouvant être appliquées pour stabiliser les patients en déclin critique hors des USI. Ces modalités comprennent le positionnement du patient, une thérapie O2 appropriée, CPAP/BiPAP, etc.

  • Dans plusieurs hôpitaux, les inhalothérapeutes sont les premiers répondants dans l’évaluation des patients en situation critique. Ce rôle a donné aux inhalothérapeutes l’occasion d’acquérir une expérience notable de l’application des connaissances en soins critiques hors des USI.

  • Les SSPSM présentent quatre modèles de structures d’équipes. Tous incluent les inhalothérapeutes:
    • IA USI et inhalothérapeute (TR);
    • IA USI, TR, intensiviste, résident;
    • IA USI, TR, intensiviste ou hospitaliste;
    • IA USI, TR, auxiliaire médical.

  • Les SSPSM et l’IHI ont déterminé que la formation de l’équipe dans les compétences de soins intensifs, la communication et le professionnalisme sont les éléments cruciaux de la mise en œuvre réussie d’une EMU.

Facteurs à considérer

Expertise des inhalothérapeutes en soins critiques

Les soins critiques sont l’aspect central de la pratique de la plupart des inhalothérapeutes au Canada. La vaste majorité des USI au Canada font appel aux compétences des inhalothérapeutes en matière de gestion des voies respiratoires, de ventilation, d’analyse des gaz sanguins, etc.

À l’heure actuelle, dans de nombreux hôpitaux, les inhalothérapeutes jouent un rôle de premier répondant auprès des patients identifiés comme pouvant être sujets à un déclin critique. L’inhalothérapeute doit évaluer le patient, fournir un plan de traitement approprié (comme l’oxygénothérapie), effectuer le prélèvement et l’analyse des gaz sanguins et communiquer les renseignements au personnel soignant. L’inhalothérapeute assure généralement ensuite le suivi du traitement, comme l’ajustement de l’oxygénothérapie, aider le patient et le personnel infirmier dans le positionnement approprié du patient, l’application de la ventilation CPAP/non invasive (dans un cadre hors USI approprié), l’application des techniques d’hygiène pulmonaire et la présentation d’une gamme d'interventions plus dynamiques lorsque le patient nécessite une intubation et une réanimation.

L’un des principaux avantages de l’application par les inhalothérapeutes de leur grande expertise en soins critiques hors de l’USI réside dans l’expérience acquise dans la compréhension des techniques pouvant être appliquées de façon sécuritaire dans un environnement qui ne dispose pas d’un accès immédiat à l’ensemble de l’équipement médical et des produits pharmaceutiques habituellement disponibles en USI ou de l’assistance d’un personnel possédant une expertise des soins criques normalement offerts en USI.

Faits importants concernant les connaissances des inhalothérapeutes en matière de soins critiques :

  • Les inhalothérapeutes ont une expertise des domaines suivants :
    • évaluation (respiratoire, cardiaque, rénale) des patients;
    • oxygénothérapie;
    • médication respiratoire et administration des médicaments en aérosols;
    • prélèvement et analyse des gaz sanguins;
    • gestion (invasive et non invasive) des voies respiratoires;
    • ventilation (invasive et non invasive);
    • hygiène pulmonaire;
    • anatomie, physiologie et pathophysiologie, avec un accent (non limitatif) sur le système respiratoire.
  • Plus de 50 % des inhalothérapeutes sont formés en technique spécialisée de réanimation cardio-respiratoire;
  • Plusieurs inhalothérapeutes offrent une première réponse aux patients présentant une urgence médicale pré ou post-arrêt cardiaque.
  • Les inhalothérapeutes ont une grande expérience de l’application des soins critiques hors de l’USI.

Concepts d’équipes interdisciplinaires

Au cours des dernières années, plusieurs rapports ont indiqué que la mise en œuvre des équipes interdisciplinaires représentait une avenue de choix pour l’amélioration des soins de santé. Le Conseil canadien de la santé en a fait l’une de ses recommandations clés dans ses deux premiers rapports sur l’état du système de santé du Canada.

L’approche d’équipe interdisciplinaire suppose la détermination interdépendante des objectifs, le partage des responsabilités, le respect et la collaboration dans l’exécution et l’évaluation des interventions de l’EMU. Les patients en phase critique présentent souvent des antécédents et des pathologies extrêmement complexes. Le succès du traitement de ces patients exige une approche multidisciplinaire.

La valeur d’une équipe interdisciplinaire reste souvent sous-optimale si ses membres ne reçoivent pas une formation leur permettant de travailler avec cohésion. L’information publiée par les SSPSM indique que les EMU qui connaissent du succès ont besoin d’une formation appropriée pour tous les membres de l’équipe. La formation ne se limite pas à une mise à jour des connaissances sur les soins critiques. Par exemple, la formation des membres d’une EMU pourrait commencer par s’assurer que les membres de l’équipe ont tous reçu une formation en soins critiques avancés, incluant la formation en technique spécialisée de réanimation cardio-respiratoire.

La formation des membres de l’EMU devrait également mettre l’accent sur les éléments suivants :

  • esprit d’équipe et notions de travail d’équipe;
  • recensement de l’expertise, des compétences, de l’expérience et du champ de pratique des membres de l’équipe;
  • établissement de communications appropriées entre les membres (dans les situations critiques et non critiques);
  • établissement de communications appropriées et professionnalisme dans la réponse donnée au personnel infirmier qui fait appel aux services de l’équipe;
  • fourniture d’une rétroaction sans jugement et non punitive aux personnes qui font appel à l’équipe;
  • faire valoir la valeur de l’équipe aux collègues de l’USI et des autres services.

Si votre centre hospitalier met en place une EMU, la SCTR vous encourage à présenter les recommandations suivantes à vos administrateurs :

  • il est essentiel d’appliquer des stratégies de communication et de promotion à la mise en œuvre de l’équipe, de manière à faire connaître l’EMU et à maximiser son potentiel;
  • on doit envisager de confier des postes de direction aux inhalothérapeutes au sein de l’EMU et ils doivent participer à la formation des membres de l’équipe, puisqu’ils ont une expérience importante du rôle de premier répondant auprès des patients en déclin critique.

Financement

Plusieurs hôpitaux reçoivent des fonds de leur gouvernement provincial pour la mise en place des EMU. La plupart des provinces qui financent la création des EMU n’imposent pas de règles pour l’utilisation de ces fonds. Par exemple, l’accord de financement ne précisera pas la structure, le mode de fonctionnement ou la formation de l’équipe.

Un aspect clé de la question du financement de mise en œuvre des EMU tient à la perception qu’il n’est pas nécessaire d’allouer des fonds pour les ressources en thérapie respiratoire au sein de l’équipe puisque les inhalothérapeutes assurent déjà le rôle de premier répondant auprès des patients en déclin critique.

Cependant, l’expérience de certaines institutions qui ont déjà mis en œuvre une EMU avec succès, une équipe présentée efficacement verra augmenter le nombre d’appels reçus à mesure que le personnel hospitalier prend conscience de sa valeur. Selon les données des SSPSM, 66 % des patients faisant un arrêt cardiaque ont montré des anomalies et des symptômes dans les six heures précédant l’arrêt cardiaque. Seulement 25 % de ces patients ont fait l’objet d’un signalement à un médecin. Lorsqu’une EMU est proprement constitué et publicisée, un plus grand nombre de patients en pré-arrêt cardiaque sont recensés et l’équipe doit répondre à un volume accru d’appel. La situation entraîne pour l’équipe une charge de travail supérieure à celle qui aurait précédemment été assumée par un inhalothérapeute assurant son rôle de premier répondant. Il en résulte que les décisions de financement doivent tenir compte du fait que le nombre de patients recensés aux fins d’une intervention de l’EMU et le nombre d’appels faits à l’équipe augmenteront. Si votre hôpital met en place une EMU, la SCTR vous encourage à présenter les recommandations suivantes à vos administrateurs:

  • il est essentiel d’appliquer des stratégies de communication et de promotion à la mise en œuvre de l’équipe, de manière à faire connaître l’EMU et à maximiser son potentiel;
  • on doit envisager de confier des postes de direction aux inhalothérapeutes au sein de l’EMU et ils doivent participer à la formation des membres de l’équipe, puisqu’ils ont une expérience importante du rôle de premier répondant auprès des patients en déclin critique. Les ressources en thérapie respiratoire doivent donc bénéficier d’un financement conséquent.

Chaque institution doit évaluer et traiter les besoins de financement de façon à permettre à tous les membres de participer efficacement au fonctionnement de l’EMU. Le rôle des inhalothérapeutes a toujours consisté à répondre à des urgences médicales. Dans les institutions où ce rôle doit être confié à une EMU, il se peut que les ressources en inhalothérapie soient déjà suffisantes pour mettre en place une équipe très bien structurée.

Dans les institutions où la création d’une EMU entraîne une augmentation excessive de la charge de travail des inhalothérapeutes, du personnel supplémentaire devra être embauché pour faire en sorte que des inhalothérapeutes qualifiés et formés soient en mesure de répondre aux appels logés à l’EMU. L’aide financière attribuée à ce personnel supplémentaire doit dépendre des circonstances particulières de l’institution.

Points importants à considérer pour le financement d’une EMU

  • Communiquer avec la direction pour obtenir des renseignements exacts sur l’accord de financement pouvant lier votre institution.
  • Évaluer la situation de votre service afin de déterminer si la charge de travail supplémentaire peut être absorbée sans financement additionnel.
  • Dans la préparation de l’évaluation, tenir compte de l’augmentation probable des appels et de la charge de travail; à mesure que le personnel de l’hôpital sera informé de l'existence de l'équipe, il y aura probablement une augmentation du nombre d'appel et donc des besoins de ressources humaines en inhalothérapie.
  • Veiller à ce que l’aide financière soit disponible pour tous les inhalothérapeutes membres de l’EMU pour leur permettre de participer aux activités d'éducation et de formation offertes à l’équipe.

Recommandations

Il est clair que les inhalothérapeutes possèdent les connaissances et l’expérience en soins critiques pour répondre aux urgences médicales. Ils possèdent une vaste expérience des urgences médicales en salle, hors de l’environnement des USI et des blocs opératoires. Cela fait des inhalothérapeutes les experts en santé parfaits pour l’éducation et la formation des autres membres de l’équipe. Leur vaste expérience des urgences médicales en salle contribue à faire des inhalothérapeutes les professionnels de la santé les mieux à même d’assurer un rôle de leadership au sein des EMU.

Afin de maximiser l’efficacité des EMU, toutes les équipes doivent s’adjoindre un inhalothérapeute. De plus, les membres de l’EMU doivent être formés pour travailler en équipe afin d’appliquer les compétences de soins critiques, de communiquer efficacement et d’agir avec professionnalisme.

La SCTR fait les recommandations suivantes :

  • en raison de leurs connaissances des soins critiques et de leur expérience, toutes les EMU doivent comprendre un inhalothérapeute;
  • les inhalothérapeutes ont de tout temps joué un rôle important dans la prestation des soins critiques dans le cadre de leur rôle habituel. Ils ont l’expérience de ce rôle à l’Intérieur comme à l’extérieur des unités de soins intensifs. Les inhalothérapeutes devraient donc être considérés comme des candidats idéaux pour assurer la formation au sein des EMU et y jour un rôle de leadership;
  • les EMU doivent bénéficier d’une aide financière adéquate de sorte que les membres reçoivent la formation et le soutien nécessaires;
  • les membres de l’EMU doivent recevoir la formation ensemble, en équipe.

La SCTR recommande également que votre service s’engage tôt dans la planification comme dans le fonctionnement de l’équipe.